Ainsi fut le vendredi.
J'arrivai clopinante au lycée inhabituellement tard, grâce aux faveurs d'un professeur d'économie qui enfin nous a permis de vivre l'emploi du temps tel qu'il fut décidé il y a bien longtemps, en nous épargnant l'heure hebdomadaire de "rattrapage" des cours que nous avons passé en étude ou chez nous pendant que ce bon monsieur s'allégrait de sorties en Espagne.
Mais finalement, les résultats n'étaient pas si mauvais ; il y a que deux heures de sommeil bien méritées nous étaient amputées mais que nous étions emportés par le courant plus facilement et les deux heures de mathématiques qui m'éxècrent me parraissaient bien moins lentes.
Enfin, pour revenir à ce vendredi, ce Graal, épargnons la matinée.
Mon récit commence donc officiellement à 11h45, enfin 47, car je l'ai attendu pendant deux minutes, cette sonnerie pathétique. Car oui, elle est pathétique. Elle met "la patate" alors qu'on ne l'a pas, elle se met dans notre tête alors qu'on ne le veut pas. La chieuse, cette sonnerie. Elle retentit donc après s'être tant fait attendre, annonçant pour tous le signal et le commencement des pérégrinations.
Ma joyeuse classe de
TES1, subliminalement réunie pour l'occasion (tiens tiens, quelle journée sans égal) se dirige, affamé, vers la Terre Promise,
Restoland, accompagné de quelques littéraires pas du tout réunis eux, mais comme l'a dit Ricou le prophète
"heureusement qu'ils sont là [...car avec vous ça vole pas bien haut]".
J'épargne les détails du voyage car ce n'est point intéressant du tout, et déjà dans le contexte c'était chiant car on mourrait de faim, alors ici ça risque d'être encore pire.
Le peuple arrive, se masse bruyamment aux portes de Restoland et pénètre dans l'antre, découvrant les deux prophètes déjà attablés devant de bonnes bibines.
S'ensuivirent une pifrade terrible avec l'entrée à volonté et l'entrecôte, mais quelle entrecôte ! Le moment est venu de s'échanger les cadeaux, n'est-il pas ? Depuis le temps qu'on cherchait à savoir qui avait qui, que des listes circulaient et des messes basses s'érigeaient ... Certains cadeaux étaient originaux et globalement assez portés sur la chose, comme le caleçon jaune vif offert au prof
"taille 4 ?!" qui le mettra pendant la voyage, il l'a dit, on le retient. Puis le cadeau de Bat à Clémentine qui a suscité bon nombre de convoitise et le dépit de Ricou qui s'est dit qu'il valait mieux faire confiance aux littéraires pour ne pas couler le voyage dans une espèce de culture beaufisante à la gneugneu économiste car ça fait vraiment peine à voir, ces jeunes devant leurs verres de rouge qui rient de bon coeur à leurs propres blagues salaces.
En parlant de blague,
qu'est-ce qui sert à mesurer la profondeur d'une cruche ?
Maaan dieu, déjà que Vincent nous sort des bides, n'allez pas en plus lui offrir un recueil de blagues !
Voilà pour le repas du midi, très landais en somme et très sympathique ma foi.
Photo : Mamigossaintsaturnin (et j'y tiens)